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Reclassification de l’éthanol : comparons ce qui est comparable !

éthanolL’alcool éthylique, mieux connu sous le nom d’éthanol, est un composé organique utilisé dans divers produits des secteurs des biocides, des cosmétiques, des détergents, des colles et des mastics. L’une de ses applications les plus connues est son utilisation comme substance active dans de nombreux produits biocides courants. Il suffit de repenser à la période COVID-19 en 2020, où tout le monde a été en contact avec un gel désinfectant à base d’alcool. Grâce à ses propriétés de solvant, de réfrigérant et de conservateur, ainsi qu’à son action antimicrobienne, l’éthanol est un véritable couteau suisse ! 

L’éthanol dans son cadre législatif – des pommes et des oranges ?

Comme toutes les autres substances chimiques et leurs mélanges, l’éthanol est soumis à un cadre législatif européen et belge strict. Ainsi, lorsque ce composé organique est utilisé dans un produit biocide, détergent ou cosmétique, le produit est soumis respectivement au règlement européen sur les produits biocides, les détergents ou les cosmétiques. En outre, le règlement sur la classification, l’étiquetage et l’emballage (en abrégé, le règlement CLP) s’applique à toutes les substances chimiques ou mélanges présents sur le marché. 

Sur la base d’un rapport scientifique des autorités grecques présenté en 2024, la Commission européenne et les États membres envisagent désormais de reclasser l’éthanol comme « cancérogène », « mutagène » ou « reprotoxique » (CMR) dans le cadre du règlement sur les biocides. Les autorités grecques souhaitent même aller plus loin et présenter une proposition supplémentaire sur la base du même dossier scientifique afin de le classer également comme CMR dans le cadre du règlement CLP. Cette demande de reclassification dans les deux règlements pose toutefois un problème fondamental.

Le dossier est incomplet et repose uniquement sur des études qui examinent les effets nocifs d’une ingestion excessive d’alcool, ce qui n’est pas l’objectif d’un produit biocide, détergent ou cosmétique. C’est comme comparer des pommes et des oranges !

jus d'orange, restaurantÀ ce jour, aucune preuve scientifique issue d’études in vivo ou épidémiologiques ne démontre que l’absorption d’éthanol par contact cutané ou par inhalation est nocive pour la santé. L’éthanol est même présent à l’état naturel dans des boissons non alcoolisées telles que le jus d’orange. L’exposition à l’éthanol par la consommation de jus d’orange peut être comparée à celle par contact cutané ou par inhalation dans le cas des biocides, des cosmétiques ou des produits de nettoyage. Allons-nous bientôt devoir dire adieu à notre jus d’orange tant apprécié au petit-déjeuner ? De plus, l’industrie s’engage également à dénaturer l’éthanol présent dans ses produits. Cela signifie que l’alcool est totalement impropre à la consommation humaine. Un parfum ou un produit d’entretien n’est bien sûr pas destiné à être consommé lors d’un repas au restaurant, sauf peut-être au sens large pour soigner son apparence ou pour faire la vaisselle après une soirée agréable.

Une comparaison inappropriée aux conséquences désastreuses

Une interdiction de l’utilisation de l’éthanol comme biocide aurait des conséquences désastreuses pour notre société actuelle. C’est l’un des composants les plus efficaces pour réduire le risque d’infections par un large spectre d’organismes nuisibles. Rappelez-vous l’exemple des gels hydroalcooliques à base d’éthanol. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a désigné ces produits comme la référence en matière d’hygiène dans les soins de santé afin de réduire le risque d’infections au COVID-19. Il serait impensable d’affronter une nouvelle pandémie sans l’aide de notre héros, l’éthanol ! 

En raison de sa polyvalence, l’éthanol est pratiquement irremplaçable et constitue un composant essentiel de produits utilisés dans un grand nombre de secteurs. Il n’existe en effet aucune alternative capable d’égaler les diverses fonctionnalités de l’éthanol. Même si une exception était accordée à l’utilisation de l’éthanol dans des produits autres que les biocides, il faudrait encore trouver un substitut pour certains cas, avec toutes les conséquences que cela implique. Cette reformulation représenterait un coût énorme pour l’industrie et augmenterait le risque de distorsion de concurrence au détriment de nos PME.

En résumé, une reclassification de l’éthanol sans justification scientifique complète et correcte est contre-productive sur le plan économique et social, sans apporter le moindre avantage perceptible pour le consommateur ou la santé publique.

Que fait Detic ?

C’est pourquoi les secteurs de Detic (biocides, cosmétiques, détergents, colles et mastics) appellent les autorités belges, les États membres de l’UE, la Commission européenne et l’ECHA à s’opposer à toute proposition de classification CMR de l’éthanol pour ces applications et à maintenir la classification actuelle, qui repose sur une évaluation rigoureuse de l’exposition fondée sur l’expertise scientifique. Comparons donc ce qui est comparable, comme il se doit en matière scientifique !